
Ce que représente
le sucre
dans nos vies
Le 4 novembre 2025, la CRSA Grand Est a organisé au Centre Prouvé, à Nancy, une journée de débat public consacrée au sucre et à sa place dans nos vies quotidiennes, en partenariat avec Promotion Santé Grand Est. L’objectif était de mieux comprendre les effets du sucre sur la santé, de décrypter ce qui façonnait nos consommations et de construire, avec le public, des pistes d’action concrètes.
Retour sur l’événement « Le sucre dans nos vies » à Nancy
Le 4 novembre 2025 restera une date marquante pour la démocratie sanitaire dans notre région (Source : Actualités du site de la CRSA Grand Est, novembre 2025). La Conférence Régionale de la Santé et de l’Autonomie (CRSA) Grand Est a investi le Centre Prouvé de Nancy pour organiser une journée d’échanges inédite intitulée « Le sucre dans nos vies : question de santé et de société ». Face à l’omniprésence des produits sucrés dans notre alimentation moderne, cet événement a rassemblé un public particulièrement diversifié. Habitants de la région, professionnels de la santé et du secteur médico-social, acteurs institutionnels, élus locaux et bénévoles associatifs se sont réunis autour d’une ambition commune : dépasser les simples constats médicaux pour analyser les impacts sociétaux de notre consommation. La journée a permis de décrypter collectivement les mécanismes qui façonnent nos habitudes alimentaires, entre quête de plaisir, normes culturelles et contraintes économiques.
Pourquoi organiser un débat public sur le sucre et l’alimentation ?
L’organisation d’un débat public sur une thématique telle que le sucre s’inscrit pleinement dans les missions d’animation territoriale de la CRSA. Mais pourquoi avoir choisi ce sujet précis ? L’alimentation est un déterminant majeur de la santé qui touche quotidiennement chaque habitant du Grand Est. En organisant ce type de manifestation participative, la CRSA souhaite créer des espaces d’expression citoyens en dehors des cadres purement cliniques ou hospitaliers. L’objectif est d’encourager une réflexion collective sur les environnements dans lesquels nous évoluons tous les jours. Débattre de la consommation de sucre, c’est aborder des questions cruciales de prévention, d’éducation au goût, mais aussi de justice sociale, car nous ne sommes pas tous égaux face à l’offre alimentaire. Ces débats publics permettent de briser les idées reçues et de transformer des problématiques individuelles en un véritable enjeu collectif nécessitant des solutions systémiques.
L’impact du sucre : un enjeu de santé publique sous le prisme de la science
La matinée du 4 novembre a été consacrée à la pose d’un diagnostic médical clair et partagé. Le sucre, s’il reste une source de plaisir gustatif, constitue aujourd’hui un défi sanitaire sans précédent. Les conférences introductives ont permis de faire un point précis sur l’état des connaissances scientifiques actuelles. La présence du Professeur Chantal Julia, professeure des universités et praticienne hospitalière, invitée en tant que grand témoin, a particulièrement enrichi les débats (Source : Actualités CRSA, novembre 2025). Elle a décrypté de manière très pédagogique la façon dont notre métabolisme réagit à l’ingestion massive de sucres, souvent cachés dans les produits ultra-transformés de la grande distribution. Les liens de causalité directs entre une surconsommation de sucre et le développement de maladies chroniques (obésité, diabète de type 2, pathologies cardiovasculaires) ont été réaffirmés pour rappeler l’urgence de l’action préventive.
Environnement alimentaire : ce qui influence réellement nos choix
L’un des messages les plus puissants de ce débat fut la déconstruction de la responsabilité individuelle exclusive. Il a été largement démontré par les experts que nos choix alimentaires ne dépendent pas uniquement de notre seule volonté personnelle. Tout au long de la journée, les différents intervenants ont mis en lumière le concept d’« environnement alimentaire obésogène ». Nos comportements sont constamment influencés par des facteurs extérieurs puissants : le marketing agressif des industriels, l’accessibilité permanente des produits sucrés, ou encore les normes sociales. La dimension sociétale a également été très discutée, notamment l’impact majeur de la précarité économique, qui pousse souvent les ménages les plus modestes vers les produits les moins onéreux, malheureusement très riches en sucres ajoutés. Comprendre cet environnement complexe est la première étape indispensable pour concevoir des politiques de santé justes et protectrices.
Les ateliers thématiques : de la cantine à l’hôpital
L’après-midi du débat a marqué une véritable transition vers l’action grâce à la mise en place d’ateliers thématiques interactifs. L’objectif était de réunir les participants autour de situations concrètes du quotidien pour imaginer des solutions applicables rapidement. Comment réduire efficacement la présence du sucre dans la restauration collective, notamment dans les cantines scolaires ? Quelles stratégies adopter dans les établissements de santé et médico-sociaux pour offrir des repas réconfortants mais nutritionnellement irréprochables aux patients ? Les échanges se sont également focalisés sur le milieu sportif, souvent trop associé à la consommation de boissons énergisantes, ainsi que sur l’adaptation des messages de prévention dans les contextes de forte précarité. Chaque participant a pu partager ses propres expériences, questionner ses pratiques professionnelles et participer à la formulation de solutions d’avenir.
Le rôle de Promotion Santé Grand Est
Cet événement d’envergure n’aurait pu voir le jour sans un partenariat local extrêmement solide. Pour ce débat, la CRSA s’est associée à Promotion Santé Grand Est, un acteur incontournable de la prévention dans notre région. Mais quel est exactement le rôle de cette structure ? Dirigée par sa directrice générale, Marie Persiani, Promotion Santé Grand Est est une organisation entièrement dédiée à l’éducation pour la santé et à la promotion des comportements favorables au bien-être. Son action repose sur une approche globale, prenant en compte les dimensions physiques, psychologiques et sociales des individus. Ses équipes accompagnent méthodologiquement les porteurs de projets locaux et déploient des campagnes de sensibilisation ciblées. Dans le cadre de ce débat nancéien, l’expertise de Promotion Santé Grand Est a été déterminante pour structurer les échanges, garantir la rigueur scientifique des messages diffusés, et animer les ateliers participatifs avec brio.
Qu’est-ce que la CRSA Grand Est ?
Pour bien comprendre la portée institutionnelle de cet événement, il est essentiel de définir l’instance qui en est à l’origine. La Conférence Régionale de la Santé et de l’Autonomie (CRSA) agit comme le véritable « parlement de la santé » à l’échelle de notre région. Composée de dizaines de membres répartis en différents collèges, elle rassemble les représentants des usagers du système de santé, les professionnels médicaux et paramédicaux, les acteurs de la prévention, ainsi que les collectivités territoriales. Présidée par Hubert Attenont, la CRSA Grand Est a pour mission fondamentale de faire vivre la démocratie en santé sur nos territoires. Elle offre un espace de dialogue officiel où toutes les voix peuvent s’exprimer de manière égalitaire. Loin d’être une simple chambre d’enregistrement administrative, elle participe très activement à l’élaboration de la politique de santé en région, en s’assurant que les décisions répondent aux véritables besoins de la population.

Comprendre, débattre…
et nourrir les politiques régionales
Au-delà de l’information apportée, cette journée a surtout produit des idées et des pistes d’action. Les enseignements tirés du débat ont été recueillis pour alimenter les travaux de la CRSA Grand Est et ses avis sur les politiques régionales de santé.
En donnant la parole aux usagers, aux professionnels et aux acteurs locaux, la CRSA a ainsi renforcé sa mission : rapprocher les décisions de santé des réalités de vie des habitantes et des habitants du Grand Est.
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