Disponible ici : le rapport annuel 2025 de la CRSA Grand Est sur le respect des droits des usagers du système de santé.

Un homme âgé échange avec un pharmacien autour d’une ordonnance posée sur le comptoir d’une officine.

Ordonnance expirée et traitement chronique : les solutions du pharmacien pour éviter une interruption

Une ordonnance expirée ne signifie pas toujours qu’un traitement chronique doit être interrompu. Lorsqu’un médecin n’est pas disponible, le pharmacien peut, dans certaines conditions, assurer une délivrance exceptionnelle afin d’éviter une rupture préjudiciable à la santé. Cette possibilité reste strictement encadrée : elle dépend du traitement, de l’ancienne ordonnance et de l’évaluation du pharmacien. La CRSA Grand Est vous aide à distinguer dépannage exceptionnel, renouvellement prévu et nouvelle prescription.

Ordonnance expirée : demander conseil avant d’interrompre son traitement

Lorsqu’il reste peu de médicaments, ne réduisez pas vous-même les doses et n’arrêtez pas brutalement le traitement. Présentez à la pharmacie l’ordonnance expirée et les informations utiles sur votre suivi. Le pharmacien vérifiera si une délivrance reste possible ou si un avis médical est nécessaire. Le dossier de Service-Public.fr sur la validité des ordonnances rappelle l’exception prévue pour certains traitements chroniques. Elle évite une interruption dangereuse, sans permettre de commencer un médicament ou de prolonger indéfiniment le suivi. Si vous ne retrouvez plus le document, demandez si l’officine conserve l’ordonnance numérisée lors d’une précédente délivrance ou consultez vos documents dans Mon espace santé.

Renouvellement prévu, délivrance exceptionnelle et nouvelle prescription

Une ordonnance peut prévoir plusieurs délivrances pendant sa validité. Le pharmacien exécute les renouvellements indiqués par le prescripteur. Une fois cette période terminée, la situation peut relever de la dispensation supplémentaire exceptionnelle. Le pharmacien poursuit alors temporairement le traitement à la posologie initiale. Il ne rédige pas une nouvelle ordonnance. Le pharmacien correspondant relève d’un autre dispositif : avec l’accord du médecin, il peut renouveler certains traitements chroniques, voire ajuster leur posologie.

Traitement chronique : les conditions d’une délivrance exceptionnelle

Depuis le 29 novembre 2024, la délivrance exceptionnelle peut atteindre trois mois, par périodes successives d’un mois. L’ordonnance expirée doit avoir prévu au moins trois mois de traitement. La première délivrance intervient dans le mois suivant son expiration et l’interruption doit pouvoir nuire à la santé. Le pharmacien choisit un conditionnement compatible avec un mois, trace son intervention et informe le prescripteur par un moyen confidentiel. Les médicaments peuvent être pris en charge dans les conditions habituelles.

Stupéfiants, anxiolytiques et hypnotiques : des médicaments exclus

Les médicaments stupéfiants ou assimilés restent exclus. Il en va de même pour certains psychotropes dont la prescription est limitée, notamment des anxiolytiques et des hypnotiques. Leurs règles particulières continuent de s’appliquer. Le pharmacien refuse également une délivrance contraire à l’intérêt du patient. Une évolution de l’état de santé, une interaction, un effet indésirable ou un doute sur la posologie peuvent imposer un avis médical. Le dispositif prévient une rupture ; il ne crée aucun droit automatique au médicament.

Le pharmacien évalue la sécurité du traitement avant toute délivrance

Le pharmacien ne vérifie pas uniquement une date. Il analyse l’ordonnance, les délivrances précédentes, la posologie, les autres traitements et l’état de santé signalé. Il recherche aussi d’éventuels effets indésirables. Dans cette procédure, il ne modifie pas la posologie. Il trace les produits remis et informe le prescripteur. Son appréciation professionnelle peut conduire à des réponses différentes et, lorsque la sécurité l’exige, à un refus.Les échanges restent couverts par le secret professionnel. Donnez néanmoins les informations utiles : elles permettent au pharmacien d’évaluer la continuité du traitement sans se limiter au contenu de l’ancienne ordonnance.

Contraception orale et dispositifs médicaux : deux situations particulières

Une contraception orale peut être dispensée pour six mois supplémentaires, non renouvelables, si la prescription expirée date de moins d’un an. Le pharmacien ne remet pas plus de trois mois en une fois. Ensuite, une consultation auprès d’un médecin ou d’une sage-femme est nécessaire. Certains dispositifs médicaux utilisés au long cours sont également concernés si les conditions sont réunies. Une ordonnance enregistrée par la pharmacie ou déposée dans Mon espace santé facilite la vérification sans modifier sa validité.

Que présenter au pharmacien pour éviter une rupture de traitement ?

Apportez l’ordonnance expirée, votre carte Vitale et la liste exacte des médicaments pris. Les boîtes restantes, les comptes rendus ou le nom du prescripteur facilitent la vérification. Signalez aussi les délivrances réalisées dans une autre pharmacie. Anticipez avant la dernière dose : la pharmacie peut devoir contacter le prescripteur ou commander le produit. Signalez tout nouveau symptôme, grossesse, hospitalisation ou effet indésirable. En cas d’urgence vitale, appelez le 15 ou le 112.

Pharmacien correspondant : renouveler dans un parcours coordonné

Dans un exercice coordonné, le patient peut désigner un pharmacien correspondant. Avec l’accord du médecin et une mention sur l’ordonnance, il peut renouveler périodiquement un traitement chronique et ajuster sa posologie si le protocole le prévoit.Prescription initiale et renouvellements ne peuvent dépasser un an. Ce dispositif se distingue du dépannage après expiration : il suppose une coordination préalable et ne s’applique pas automatiquement à toutes les officines ni à tous les traitements.Pour la CRSA Grand Est, cette articulation illustre l’intérêt de parcours dans lesquels chaque professionnel connaît son rôle et où l’usager comprend qui peut décider, renouveler ou orienter.

Prévenir les piqûres et participer au programme CiTIQUE

Les mêmes règles s’appliquent dans les dix départements du Grand Est. Si le pharmacien ne peut pas prolonger le traitement, une consultation reste indispensable. Depuis janvier 2026, toute la région est couverte par le Service d’accès aux soins (SAS), qui oriente les demandes non programmées. L’ARS Grand Est recense les solutions pour trouver un lieu de soins. La CRSA Grand Est porte, pour sa part, les difficultés d’accès, de continuité et de lisibilité exprimées par les usagers et les professionnels. Selon le territoire et la situation, l’orientation peut passer par le 15 ou le 116 117. Les consignes locales doivent être vérifiées sur les ressources officielles.

La CRSA Grand Est défend des parcours lisibles et sans rupture évitable

La Conférence régionale de la santé et de l’autonomie (CRSA) Grand Est ne renouvelle aucune ordonnance et ne traite pas les cas individuels. Instance consultative de démocratie en santé, elle réunit usagers, professionnels, associations, établissements et collectivités pour analyser les besoins et rendre des avis. Le rapport 2025 sur les droits des usagers de la CRSA Grand Est souligne l’importance de l’accès, de l’information et de la coordination. La délivrance exceptionnelle évite certaines ruptures sans résoudre l’indisponibilité médicale. Les témoignages des patients, aidants, pharmaciens et représentants des usagers permettent d’identifier les améliorations attendues.

Pour aller plus loin sur le renouvellement d’une ordonnance par le pharmacien

Consultez le cadre officiel de la délivrance exceptionnelle et les travaux de la CRSA Grand Est.

Télécharger le rapport 2025 sur les droits des usagers (PDF, 84 pages)

Questions fréquentes
sur le renouvellement
d’une ordonnance
par le pharmacien

Un pharmacien peut-il délivrer un traitement avec une ordonnance expirée ?

Oui, à titre exceptionnel, pour éviter l’interruption préjudiciable d’un traitement chronique initialement prescrit pour au moins trois mois. La première délivrance doit intervenir dans le mois suivant l’expiration. Elle est réalisée pour un mois et peut être renouvelée successivement dans la limite totale de trois mois.

Le pharmacien peut-il renouveler tous les médicaments ?

Non. Les stupéfiants, les médicaments assimilés et certains psychotropes dont la durée de prescription est limitée sont exclus. Le pharmacien peut également refuser une délivrance s’il estime qu’elle présente un risque pour le patient ou qu’une réévaluation médicale préalable est nécessaire pour poursuivre le traitement.

Une pilule contraceptive peut-elle être renouvelée par le pharmacien ?

Oui. Sur la base d’une prescription datant de moins d’un an et désormais expirée, le pharmacien peut délivrer une contraception orale pour une durée supplémentaire maximale de six mois, non renouvelable. Il ne peut toutefois pas remettre plus de trois mois de traitement en une seule fois.

Le pharmacien peut-il modifier la dose du traitement ?

Pas dans le cadre d’une délivrance exceptionnelle sur ordonnance expirée : la posologie initiale est conservée. Un pharmacien correspondant peut, en revanche, ajuster certaines posologies si un protocole coordonné le prévoit, avec l’accord du médecin et selon les modalités inscrites dans le parcours du patient concerné.

Que faire si le pharmacien ne peut pas renouveler le traitement dans le Grand Est ?

Demandez-lui pourquoi la délivrance est impossible et quelle orientation paraît la plus sûre. Contactez le prescripteur, une structure de soins non programmés ou le Service d’accès aux soins. En cas d’urgence vitale ou de symptômes graves, appelez immédiatement le 15 ou le 112 sans attendre.

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